Thursday

19th Oct 2017

La présidentielle française sous cyber-alerte maximale

  • Le renseignement français a averti que des hackers et des cyber-soldats financés par le Kremlin essayaient de fausser la campagne présidentielle. (Photo: Yuri Samoilov)

A l'approche de l'élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, les autorités françaises sont en état d'alerte pour parer à toute tentative de cyber-attaque qui pourrait affecter le résultat du scrutin.

Les principales cibles potentielles sont les sites web des partis et candidats ainsi que les réseaux informatiques de l'État.

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  • Hollande: “La Russie utilise tous ses moyens pour influencer les opinions publiques” (Photo: elysee.fr)

La menace a été publiquement reconnue par le président François Hollande, qui a accusé la Russie d'essayer de s'immiscer dans la campagne.

"La Russie utilise tous ses moyens pour influencer les opinion publiques", a-t-il déclaré dans une récente interview à plusieurs journaux européens.

"Ce n'est plus la même idéologie que du temps de l'URSS, mais se sont parfois les mêmes procédés, les technologies en plus", a-t-il affirmé, ajoutant que la Russie a "une stratégie d'influence, de réseaux, avec des thèses très conservatrices sur le plan des moeurs".

"Les menaces contre les partis politiques français et le scrutin sont protéiformes", confie à EUobserver, sous couvert d'anonymat, un expert de l'Agence nationale pour la sécurité de l'information (Anssi), qui dépend du Premier ministre.

La sonnette d’alarme a été tirée au plus haut niveau par les services de renseignements, entraînant deux conseil de défense présidées par Hollande à l'Elysée.

En janvier, les experts de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) - ont averti que des pirates informatiques et des cyber-soldats financés par le Kremlin essayaient de fausser la campagne présidentielle. Leur objectif: favoriser la candidate d'extrême droite Marine Le Pen et discréditer ses concurrents, en particulier le candidat indépendant Emmanuel Macron.

Macron, ancien ministre de l'Economie sous Hollande, est l'un des favoris pour atteindre le second tour de la présidentielle, très probablement contre Le Pen.

Lors d'un conseil de défense début mars, Hollande a décrété «la mobilisation de tous les moyens nécessaires de l’Etat » afin qu' « aucune action malveillante » ne puisse « entâcher la campagne et le vote ».

La mission de la DGSE est de veiller à la protection des intérêts supérieurs de la nation. Mais jusqu'alors, l'agence, qui dépend du ministère de la Défense, était focalisée sur la menace d'attentats qui n'a jamais été aussi élevée et la lutte contre le terrorisme islamiste. Cette préoccupation des services quant au bon déroulement de la plus importante élection est inédite, preuve de la réalité des cyber-attaques déjà identifiées ou déjouées.

Selon les experts interrogés par EUobserver, le risque est bien plus varié que dans la campagne américaine, lorsque les attaques informatiques russes se seraient surtout concentrées sur la collecte d'informations et de documents compromettants ou gênants pour Hillary Clinton.

'Guide d'hygiène informatique'

Le 14 février, le site d'En Marche! - le mouvement politique de Macron - a été déconnecté durant un laps de temps assez court. Deux autres attaques similaires avaient précédé. Des tentatives d'intrusion dans les bases de données du parti auraient également été contrecarrées.

Selon nos informations, le site En Marche ! serait hébergé aux Etats-Unis, plus précisément à San-Francisco, pour rendre plus difficile une cyberattaque. Si la formation d’Emmanuel Macron pointe la responsabilité de Moscou, aucun preuve ne semble pouvoir l'étayer.

Les équipes de campagne disent avoir pris des mesures, comme éteindre les téléphones portables pendant les réunions ou utiliser de WhatsApp pour échanger des messages. Auparavant, certains équipes utilisaient Telegram, un application considérée comme plus sûre contre le piratage, mais qui est russe.

Elles ne semblent cependant toujours pas préparées à repousser des attaques d'envergure.

Le 28 octobre dernier, l'Anssi a convoqué tous les responsables informatiques des candidats à la présidentielle afin de les sensibiliser aux risques et aux menaces. Sur une clé USB, un "guide d'hygiène informatique" leur a été remis. Tous les partis ont répondu présent, à l'exception du Front National.

Quatre mois plus tard, en février, Zataz, un magazine en ligne spécialisé dans la sécurité des données, a examiné les sites Web des candidats. Plusieurs dizaines de failles de sécurité ont été aisément détectées, notamment dans la protection des données nominatives.

Les autorités françaises sont également préoccupées par le fait que leur propre réseau pourrait être ciblé, y compris par des pirates cherchant à modifier le vote lui-même.

Pas de vote électronique

Début mars, le gouvernement a décidé d'interdire le vote électronique pour les élections législatives de juin aux électeurs français à l'étranger. Le vote électronique n'avait d’ailleurs pas été prévu pour l'élection présidentielle elle-même.

Selon le directeur général de l’Anssi, Guillaume Poupard, la plate-forme permettant de voter via son ordinateur serait "plus performante" que lors du scrutin de 2012 mais "le niveau de la menace est aujourd’hui bien supérieur".

Selon d'autres observateurs, outre la menace, ce sont surtout les piètres performances du système qui auraient dicté l'abandon du vote électronique, de nombreux électeurs ne parvenant pas à se connecter lors de tests.

Les menaces sont belle et bien réelles mais ne sont pas nouvelles. Lors de la précédente campagne présidentielle, en mai 2012, les ordinateurs de plusieurs collaborateurs de l’Élysée avaient été piratés. L'ancien directeur technique de la DGSE l'avait plus tard révélé au détour d'une conférence en lâchant le pays d'origine du piratage... les États-Unis.

Cet article a été originellement publié en anglais

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